UDC : politique responsable, et quoi encore!
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Tags: Bêtise, UDC
Combien de fois n’a-t-on pas entendu nos chers bougonneurs se plaindre des manoeuvres politiciennes auxquelles se livraient l’ensemble des autres formations politiques (de centre gauche donc), se revendiquer d’appliquer les solutions demandées par le peuple, avoir une ligne claire, etc…
Evidemment, c’est du bidon, on le sait bien. Mais, cette semaine aillant été particulièrement riche en exemples, je me fais un petit plaisir des les rassembler ici.
En entrée, l’Affaire Hainard et le brave Yvan Perrin. Pas facile la vie d’Yvan. Il avait eu de la peine à suivre les virages serrés et précis pris par la direction du parti (vice-présidents non tous compris) dans le fameux slalom UBS de ce printemps (1, 2). A présent on comprend mieux la raison pour laquelle il était n’était pas parvenu à rallier la ligne d’arrivée! Le slalom stratégique qu’il tente de justifier pour l’élection partielle consécutive à la démission de son (ex-) pote Fred est une perle (1, 2), bien plus proche de la déambulation d’un personnage de Dostoïevski, ivre comme un Russe, sur un trottoir de Moscou, que d’une tactique propre, labellisée Suisse. Son raisonnement tient en quelques points :
- Le canton de Neuchâtel est dans un état lamentable
- Cette situation est la conséquence logique des partis présents au conseil d’état, vu que seule l’UDC a les solutions
- Si le candidat UDC est élu au conseil d’état, il aurait à assumer des solutions pour parvenir à résoudre ces problèmes
- Trop dangereux médiatiquement de prendre en main des projets concrets, on pourrait critiquer son bilan
- Donc, autant rester en-dehors du système, geuler, tirer sur tout ce qui bouge, et espérer que l’UDC obtienne une majorité aux prochaines élections
Voilà une façon responsable de représenter les 12% d’électeurs qui ont voté UDC. Et, évidemment, expliquer aux électeurs qu’on ne va pas mettre en pratique ses promesses électorales pour ne pas risquer de se faire critiquer, est on ne peut plus honnête. Au final, un parti inutile, dont l’attitude couarde implique simplement que la politique se fait avec les 88% d’élus restants, au risque d’avoir 12% de la population exclue de la démocratie. Bilan aux prochaines élections…
Ensuite, ceux qui ont la chance d’être abonnés aux communications du parti, ont été avertis que les soirées de formatage cérébral en vue des votations de cet automne, vont avoir lieu ces prochains temps. Voici le texte décrivant en quelques lignes les enjeux :
Séminaire et formation concernant la votation sur le renvoi des étrangers criminels
Madame, Monsieur,
Dans quelques semaines, notre parti sera au cœur de l’actualité politique suisse avec l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels. Les résultats de cette votation, posés dans la perspective des élections fédérales d’octobre 2011, seront primordiaux pour l’avenir et la croissance de notre parti. Nous invitons toutes les sections cantonales à mettre en œuvre une stratégie pour soutenir cette campagne auprès des électeurs par un engagement dans le terrain. Pour vous permettre de comprendre et défendre la position de l’UDC, nous vous invitons à l’une de nos deux soirées de formation.
[...]
Lancer des initiatives inutiles (au maximum, on enlève 0.5% des infractions, voir l’interview d’Olivier Guéniat dans Le Courrier du 10 mai 2010 par exemple) dans le seul but de se positionner en vue des élections fédérales (aucune mention de l’intérêt pour la Suisse!), en rien de la politique politicienne? Avec les psychodrames de l’UDC en début de législature, les dossiers de milieu de législature dominés par des réactions à chaud à l’actualité à cause des ornières de la droite sur le secteur bancaire, et cette dernière année (et demi) en ambiance électorale, on voit que l’UDC fait tout son possible pour rendre l’état plus efficace, mettre les dossiers importants sur la table, … Bref, en jouant minablement au parti d’opposition éternellement vexé de ne pas être pris au sérieux, l’UDC contribue activement à appauvrir le débat démocratique et à bloquer le système.
Et, pour finir, un troisième feuilleton médiatique : l’élection au conseil fédéral. On connait leurs jérémiades pour une élection du conseil fédéral — de Christophe Blocher (7x) — par le peuple, pour éviter d’élire des politiciens gris et sans personnalité (l’UDC n’avait pas voté Merz en 2003??). La présentation de cinq fantômes, si elle avait été fait dans un esprit jusqu’au-boutiste pour montrer une difficulté du système, m’aurait beaucoup plu, un peu d’ironie et de provocation ne fait de mal à personne. Il se trouve que ce choix découle simplement de la politique responsable, transparente, directe, de la direction du parti…
Bref, un parti qui prend au sérieux son rôle politique, suit scrupuleusement ses promesses électorales, ne fait pas de politique politicienne. Toute personne de bonne foi ne peut qu’y adhérer. D’ailleurs, les personnes actives sur leur consultation populaire, en sont la preuve…
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Aug 28 2010
